Jour 28


JOUR 28
Dernier jour, départ prévu pour Jakarta à 13h. Mais avant, dernière visite en Indonésie, comme pour finir en beauté, ils vont au mont Ijen. Le parcours classique commence à minuit, pour voir les flammes bleues mais Muammer décide de commencer plus tard et de dormir un peu plus. Il a quand même 12 000 km à faire après!
Réveil donc à 3h; après 1h de voiture, départ de la montée à pied à 4h. C'est bien, du coup il se retrouve seul à marcher dans le noir complet, la lune n'est pas visible. Les étoiles offrent un spectacle extraordinaire; il s'arrête régulièrement pour admirer la voie lactée, WAW! une étoile filante. Il ne fait pas de voeux, il remercie la vie. Il n'attend pas ces moments pour faire des voeux, il en fait régulièrement. Il faut faire des voeux, y croire, les partager et un jour ils arrivent !
Il croise des porteurs sur le chemin et quelques touristes. Il a vu 3 étoiles filantes sur son chemin, c'est complètement incroyable. Heureusement, cela lui donne des forces, car la montée est raide et difficile. Une heure de marche où il a pensé aux porteurs. C'est ici que travaillent des centaines d'ouvriers, ils portent le souffre. Un parcours du combattant, il faut gravir la montagne 1h, redescendre vers le cratère - 30 minutes- remonter avec 80kg de souffre sur le dos - 1h minimum - et redescendre la montagne avec un chariot. Et tout ça 2 fois par jour, pour 14€. On ne vit pas dans le même monde ?! Pendant la montée, il se disait déjà, la vie est incroyable, ils gravissent la même montagne, par le même chemin, mais leurs motivations sont différentes. Les uns font du tourisme, les autres risquent leur vie, en portant des charges folles, juste pour manger.
Arrivé au sommet, il monte encore un peu pour s'éloigner de la foule; il y a des centaines, voir des milliers de touristes ici ! Mais il a trouvé son petit coin près d'arbres morts, qui offre une vue improbable. Il reste là pendant des heures à apprécier le paysage, à vivre le lever du soleil, à profiter de la nature et il prie encore pour la chance qu'il a ! Il descend un peu vers le cratère, mais ses genoux lui font mal. Il prend quelques images, il a presque honte de filmer ces hommes en souffrance. Mais leurs sourires le rassurent. Comment arrivent-ils à garder ce sourire dans ces conditions. Respect ! Il adore ces travailleurs, il a envie de les aider. Il essaie donc de porter une charge posée au sol, mais il n'arrive même pas à la faire décoller! Il est sous le choc.
Il est 9h, le temps de descendre, 10h, arrivée à l'hôtel, 11h et l'aéroport, 11:30; c'est mon programme. Mais la descente ne se passe pas comme prévue, sa douleur aux genoux reprend, il descend lentement, mais le temps presse, il souffre s'il force trop et il stresse de ne pas avancer. Si il rate cet avion, il rate 5 vols et son retour à Frankfort! Il aime arriver en avance dans les aéroports, et n'aime pas courir pour attraper un avion. Mais il prend du retard, il force, ça fait mal, il se sent vieux, il se dit "Merde, les mecs de 70 ans portent 80 kg de souffre sur le dos, moi à 40 ans je n'arrive plus à me porter moi-même; mais non, c'est passager, mais c'est pas le bon moment, j'ai plein d'avions... Je déteste rater un vol".
Finalement, un porteur le voit boiter, lui propose de le porter en plus des 100kg qu'il a dans son chariot. Il a honte, il dit non. Le porteur lui montre ses freins, comme pour dire t'inquiète pas, je gère la descente. Pour ne pas rater l'avion et rattraper son retard, il finit par accepter. Il court pratiquement et arrive en bas en un temps record, il n'a finalement que 15 minutes de retard. Ça va aller. C'est rare qu'il soit pris par le temps, il aime vivre sans montre, sans regarder l'heure. Pas trop d'importance sauf en cas de rdv et bien sur de vol.
Arrivé à l'hotel, il prend une douche et c'est parti pour un long voyage vers Strasbourg.

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